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Exposition de groupe: Damien Mazieres & Philippe Cam (terminé)

27 Mai 2010 jusqu'au 5 Juillet 2010
  Damien Mazieres & Philippe Cam
/Volumes/ Disque Serveur Fichiers/Charlotte : stagiaire/Cortex 2010-06-01 Mazieres 003.jpg

Courtesy Galerie Cortex Athletico
 
www.cortexathletico.com Cortex Athletico Galerie - Art Contemporain

Cortex Athletico Galerie - Art Contemporain
20, rue Ferrère
33000 Bordeaux
France (plan de ville)

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tel +33 (0)1 75 50 42 65
www.cortexathletico.com


Chamanisme urbain
L’espace de la galerie est en pleine ébullition. Damien Mazières et Philippe Cam s’affairent, achevant et figno-
lant l’installation d’un moniteur et d’enceintes campés sur un ensemble de palettes recouvertes d’une peinture
couleur métal, dont la configuration peut rappeler celle du dragster et ses véhicules qui se propulsent à des
vitesses excessives, comme l’avance Cam. Des images ralenties à l’extrême compilent des séquences de « West
Side Story », d’ « Apocalypse Now » et de « Massacre à la tronçonneuse ». Intitulée « Heroes 4», la vidéo appar-
tient à une série, dont les trois opus précédents empruntaient aux films « Star Wars », « Taxi Driver » et « Ghost
Dog ». Le cinéma est ici utilisé comme un paysage préexistant dont Mazières compile, assemble et retrace les
contours afin d’en composer un point de vue nouveau, un espace aux allures irréelles, presque mystiques.
Pour l’ambiance sonore, il a fait appel à Philippe Cam, qui a composé une bande balisée de sonorités qu’il a
récolté dans son espace quotidien, des cris d’enfants, un train qui passe et le bruit d’une porte qui jalonnent
ainsi un espace rythmique très mate. Les voix apparaissant fantomatiques, la pièce se marque de silences,
perturbant et recréant une narration aux finalités différentes.
Paysages
Derrière cette installation, « shells » (coquillages) s’inscrit sur une petite toile dans une typographie dégouli-
nante rappelant celle des affiches des vieux films d’horreurs. Plus loin dans l’autre salle, un ensemble de neuf
toiles portent pour leur part le mot « Fire » neuf fois. Pour Damien, diplômé de l’école des Beaux-arts de Bor-
deaux en 2000, le mot se conçoit comme un paysage en soi, faisant appel à des références et des connaissan-
ces individuelles et collectives. Le mot se compose de souvenirs déclenchant une série de paysages mentaux.
Non loin, « My life so far 2 » (ma vie jusqu’à présent 2), se compose de bardages standardisés repeints par un
carrossier, quand « Fin de grèves » se constitue de deux lignes faites de néons partant de chacun des coins
d’un mur pour former une croix démunie de son point central. Pour l’artiste, la croix fait appel à de multiples
références : celle du point de fuite, point imaginaire utilisé dans la perspective, comme celle qui le relie à l’in-
terdiction, à l’impasse, à la fin de quelque chose. L’exposition, dont le point de départ thématique était comme
l’affirme Mazières et Cam celui du chamanisme, du rituel et du culte vodou, se conçoit dans une mise en concur-
rence d’objets dans l’espace, dans la scénographie d’éléments autonomes, qui tissent des lignes imaginaires,
symboliques et individuelles au travers d’un parcours aux allures d’initiation ésotérique urbaine.
Anna Maisonneuve
Paru dans Sud Ouest le 27/05/2010

« Mon travail consiste à construire des cellules souvent très courtes, à partir de différents enregis-
trements aussi bien concrets que ceux produits par des machines. Je joue sur la répétition de ces cel-
lules sonores, chacune d’entre elles possédant une couleur propre, une matière qui devient vivante.
Cette matière perçue physiquement est obtenue en ciselant le son dans les détails. Les couleurs apparaissent par
découpages de fréquence dans les prises de sons que j’effectue. A la base, c’est une seule et même cellule qui est co-
piée, les filtres apposés permettant d’obtenir les couleurs composant toute une palette dans laquelle je vais puiser.
En cela, il existe une grande similitude avec le travail pictural de McLaren dans sa remise en cause assez radi-
cale des fondements du dispositif cinématographique. Par ses effets de multiplication et de brouillage, il créé
des textures. L’illusion du mouvement n’est plus dans son travail le résultat d’une succession d’images diffé-
rentes les unes des autres mais plutôt la projection en série de portions consécutives d’un seul et même dessin.
De même je découpe, cisèle, manie et mixe les sons pour plonger le public dans une atmosphère qui l’accapare
globalement. »
Philippe Cam, Avril 2010

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