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Exposition individuelle: Vincen Beeckman (terminé)

23 Février 2008 jusqu'au 21 Mars 2008
  Vincen Beeckman
Vincen Beeckman
 
  Galerie Jacques Cerami

Galerie Jacques Cerami
Route de Philippeville 346
6010 Couillet
Belgique (plan de ville)

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tel +32 (0)71 36 00 65
www.galeriecerami.be


Vincen Beeckman

Dates :
Vernissage
le vendredi 22 février de 19h à 22h

Exposition 23 février au 21 mars 2008

Les relations photographiques de Vincen Beeckman

A la fois montreur et faiseur d’images, Vincen Beeckman encourage autant la pratique de la photographie qu’il réalise lui-même des images. Programmateur au sein de l’asbl Recyclart, membre du collectif Blow Up, ce jeune photographe poursuit aussi un travail personnel, auquel la galerie Cerami consacre ses cimaises, du 23 février au 21 mars prochains.

L’aspect protéiforme des activités de Vincen Beeckman pourrait trahir une forme de dispersion. Il n’en n’est rien. Si les formes sont en effet multiples, elles convergent toutes vers un même engagement du photographe face à l’image. Actif depuis cinq ans en tant que programmateur culturel au sein de l’asbl bruxelloise Recyclart, Vincen Beeckman y développe des propositions qui visent à impliquer la population mixte du quartier des Marolles et de la place Anneessens, via la photographie. Que ce soit à travers un photomaton ambulant, la distribution d’appareils jetables ou des films photo offerts aux fins d’encourager l’inscription visuelle de la vie du quartier et de ses habitants, la photographie est dans ces projets vecteur de relation, dans la double acception du terme. A la fois moyen d’entrer en contact -avec soi ou avec l’autre-, et moyen de raconter, de relater un environnement, un vécu, une condition. Cette conception de la pratique photographique a aussi prévalu au projet « Poze » proposé dans le cadre de l’Eté de la Photographie 2006, en collaboration avec Bozar Studios. Il s’agissait d’une part de présenter au public un ensemble de 3000 clichés réalisés à partir de leur quotidien par des habitants de Saint-Josse, secondés par le photographe. D’autre part, tout Bruxellois était invité à faire de même, concours à la clé.1

La recherche d’une confrontation des images au plus large public possible, qui caractérise ces actions, préside également aux travaux personnels du photographe, qui signe plusieurs interventions dans l’espace public. On retiendra à cet égard l’installation « Casting », mosaïque d’images présentée dans la station de métro Anneessens, donnant à voir des portraits des habitants du quartier, usagers de la station, mais aussi leur cadre de vie ou objets familiers, révélés par le photographe. Composée en l’espace de deux ans, elle atteste d’un travail sur le long terme que tente de privilégier Beeckman. Aussi considère-t-il les images qu’ils réalise comme faisant partie d’une seule et même collection, continuellement augmentée.

Ainsi c’est une douzaine de photographies issues de cette collection -de ce carnet photographique, pour reprendre l’expression de leur auteur- que le spectateur pourra découvrir à la galerie Cerami, qui offre à Beeckman sa troisième exposition personnelle.2 Indépendamment d’une thématique ou d’un fil conducteur communs, les images sélectionnées viendront ponctuer un parcours artistique qui se dessine depuis 2003. Après cinq années dévolues à un travail s’inscrivant dans la grande tradition du reportage d’auteur en noir et blanc, le conduisant du Brésil au Congo, en passant par la Thaïlande, le sentiment de distance, de non familiarité aux contextes ou aux sujets qu’il photographie -travestis, personnes handicapées, …- impose au photographe une profonde remise en question. En ressortira une nouvelle ligne de conduite, marquée par le passage à la couleur et un recentrement sur l’environnement proche, lié à son vécu personnel. Amis, famille, personnes et lieux que les hasards de la vie l’amènent à découvrir ou à redécouvrir commencent alors à façonner une œuvre qui évoque la photographie amateur. A l’instar des albums de famille, la collection d’images de Beeckman immortalise des instants de vie au travers de visages, d’objets ou de paysages. Mais on ne trouvera ici aucune volonté de solennité, aucun rendu événementiel propre au rituel de la photographie amateur, tel qu’analysé par Pierre Bourdieu.3 Le quotidien ne se veut ici renvoyer qu’au trivial, à l’ordinaire, célébrés pour eux-mêmes. Le caractère inframince des sujets déplace l’attention du spectateur, détourne les attendus de la photographie documentaire. C’est ce qui lie Beeckman aux autres membres du collectif Blow Up, à savoir cette quête de liberté, dans la « simple confrontation entre un être ordinaire et les personnes, objets et espaces qu’il croise au fil de ses recherches et de ses expériences intimes».4

L’authenticité de cette quête empêche la photographie de Beeckman de tomber dans l’effet de mode ou le suivisme engendré par la photographie de l’intime ces quinze dernières années. Issu d’une école de journalisme, il était assez éloigné des références de la photographie plasticienne et davantage engagé dans une démarche de témoignage que de création plastique. Beeckman est ensuite venu puiser aux sources de la photographie amateur les réponses à la fois éthiques et esthétiques à la crise -généralisée- du photoreportage. Loin d’un effet nombriliste, ses images offrent un rapport direct à l’autre, dans sa pure présence. Aucun artifice technique n’est sollicité, à l’exception, ça et là, du flash. Au refus de l’apprêt des individus photographiés correspond une simplicité de la prise de vue, réalisée avec un Contax Pocket, appareil argentique auquel Beeckman reste attaché. Enfin, aucune forme de commentaire, aucun titre ni légende n’accompagnent ces images qui restent à la fois anonymes et étrangement familières au spectateur. Et c’est sans doute là que réside la force de ce travail, dans une proximité de l’auteur au sujet qui se transmet au spectateur, sans besoin de justification. A lui d’inférer ses propres relations à celles proposées par le photographe, à créer son propre montage à partir de celui proposé par l’auteur, au gré du temps.

< Danielle Leenaerts >

Pour l’Art Même 38, 1e trimestre 2008

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