| |
 /Users/galeriecortex/Desktop/IMG_6944.jpg
Courtesy Galerie Cortex Athletico | | |
« Le seul sujet possible c’est moi, c’est mon rapport au monde… Il n’y a rien dans ma
peinture qui ne soit pas lié au peintre que je suis, rien qui ne soit pas en lien direct
avec le processus même de la création. Chaque tableau sert à tenir un discours sur
le seul sujet auquel il peut être associé: l’acte de peindre. Tous mes personnages
sont occupés à des tâches indéfinissables, mobilisés dans l’exercice d’une activité
qui semble être toute la raison de leur existence. Jour après jour ils répètent inlassa-
blement les mêmes gestes avec application, détermination et semblent être les seuls
à savoir véritablement ce qu’ils font. Il n’y a rien d’énigmatique, rien à résoudre, rien
à comprendre… Je m’attache juste à mettre en lumière l’absurdité de tout acte, et ne
fais qu’insister toile après toile sur leur indispensabilité. Le sens échappera toujours
à ses poursuivants et chaque tentative d’explication sera vouée à l’échec. Seule une
certaine dose d’humour ou une réelle passion pour l’absurde peut nous aider à ap-
précier ma peinture et le monde dans lequel nous vivons. Rien n’a jamais vraiment
changé et rien ne changera jamais. Mon regard et l’œuvre à laquelle je m’attache
me permettent juste de décaler un peu les choses. Les gens, eux, se poseront les
questions qu’ils veulent… Sur leur propre condition, leur place dans l’univers, leurs
certitudes, sur la mort et sur l’importance de l’humour… Car s’il n’y a effectivement
rien à comprendre dans ce monde, il y a bien des choses risibles. »
Vincent Gicquel, 2009 |