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Exposition individuelle: David Kramer - Recent Drawings - Paintings - Video - Installation (terminé)

11 Septembre 2010 jusqu'au 30 Octobre 2010
  David Kramer - Recent Drawings - Paintings - Video - Installation
 
  AEROPLASTICS contemporary

AEROPLASTICS contemporary
32 rue Blanche straat
B-1060 Bruxelles
Belgique (plan de ville)

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tel +32 (0)2 - 537 22 02
www.aeroplastics.net


"If you really want to see me go away… just give me whatever it is that I want"

Comme le souligne le titre de son exposition chez Aeroplastics Contemporary, on ne se débarrasse pas si facilement de David Kramer. Lui donner ce qu’il veut, certes, mais quoi ? Les petites phrases dont il parsème ses dessins et peintures sont toujours à la première personne, et dénotent une forme d’insatisfaction permanente ; pas du genre qui mène à la dépression, non, mais plutôt à se poser pour boire un verre (le whisky occupe une place non négligeable dans son œuvre). Insatisfaction chronique de l’artiste, dont Kramer se moque par ailleurs dans ses vidéos ? Ou incapacité de l’american way of life, dont les clichés fournissent la base de son iconographie, à nous rendre heureux ? Après tout, nous sommes tous des artistes…

Comme le rappelle Michel Butor dans Les mots dans la peinture : « on disait autrefois que les poètes peignaient avec des mots ». David Kramer, justement, s’est intéressé de près à la poésie après une formation de peintre et de sculpteur. Les mots ont fini par intégrer son œuvre graphique de manière inextricable, au point de créer une forme hybride, à mi-chemin entre arts plastiques et littérature. Car c’est bien de récit dont il est question, lorsqu’il intègre des textes dactylographiés à ses images, tous aussi désabusés et ironiques les uns que les autres. Extrait : « Si je pouvais revenir en arrière et récupérer tout l’argent que j’ai claqué en bières et cigarettes, je serais probablement millionnaire. Mon vieux, j’aurais voulu ne pas être aussi dépensier. Mais tu sais quoi ? Si je pouvais récupérer cet argent, je recommencerais à le claquer de la même manière. » Le texte entier est centré sur le rapport à l’argent ; pour l’illustrer (ou est-ce le contraire, illustre-t-il l’image ?), Kramer réalise le portrait simplifié d’un jeune couple, qui semble tiré d’une publicité des années ’70 pour une marque de cigarettes (elle fume, lui est en retrait). Un autre texte, manuscrit, encadre l’image : « si je pouvais retourner en arrière et changer quelque chose, je le ferais… mais je ne suis pas certain que les choses que j’ai toujours voulues existaient vraiment, de toutes façons. » Le rapport entre les deux textes est évident, celui entre les textes et l’image beaucoup moins. La cigarette ? Mais alors où sont les bières… D’autres œuvres établissent un rapport plus direct entre l’écrit et l’image : une cigarette se consume dans un cendrier, le texte proclamant que toutes les cigarettes fumées par l’artiste, mises bout à bout, couvrirait la distance d’un marathon.

Le travail de David Kramer, et c’est là son grand intérêt, ne se laisse pas réduire à un système. Tout fonctionne comme si les rapports entre textes et images obéissaient à une logique à chaque fois différente. Quand il écrit « J’espère qu’un jour j’arriverai à faire décoller ce truc… » au-dessus d’un bœing de la Pan-Am, il y a de fortes chances pour qu’il fasse référence à sa carrière d’artiste et non à ses hypothétiques ambitions de pilote de ligne, comme en témoigne la suite du texte : « j’espère juste que le jour où ça arrivera, je recevrai plus que des cacahuètes. » Dans un autre registre, les multiples bouteilles de Jack Daniel’s et de Jim Beam qu’il a peintes sont à chaque fois accompagnées d’un texte différent, mais toutes évoquent différents états existentiels liés à la consommation un peu abusive d’alcool : « Stop me if you’ve heard this one before », « Plan B », « Stop me if this is starting to sound familiar », « No more Mr. Nice Guy », etc.

Dans la description de sa philosophie de vie, la conjonction préférée de David Kramer est le « mais » : les choses pourraient être meilleures, mais elles sont ce qu’elles sont ; ou encore, les choses pourraient changer, mais la situation serait-elle meilleure pour autant ? Ironique, douce-amère, habitée par l’humour juif new-yorkais, l’œuvre de David Kramer met en texte et en image les petites pensées qui nous habitent toutes et tous à un moment ou un autre de la journée. Ses illustrations, tirées de stéréotypes véhiculés par la publicité des golden 60’s et des 70’s (moins golden, mais quand même), nous rappellent à quel point la notion de bonheur, dès qu’elle sert à vendre un produit, un concept ou un style de vie, devient relative. « … In a perfect world, I would be one happy mother fucker » : rien n’est moins sûr…

Pierre-Yves DESAIVE

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