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Exposition individuelle: John Isaacs - The closest I ever came to you (terminé)

18 Novembre 2011 jusqu'au 21 Janvier 2012
  John Isaacs - The closest I ever came to you
 
  AEROPLASTICS contemporary

AEROPLASTICS contemporary
32 rue Blanche straat
B-1060 Bruxelles
Belgique (plan de ville)

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tel +32 (0)2 - 537 22 02
www.aeroplastics.net


En produisant ces nouveaux travaux, j'ai tenté de réunir beaucoup de thèmes, de matériaux et de questions qui ont traversé mon œuvre au cours de ces dernières années.

Pour l'essentiel, ces pièces s'interrogent toutes sur notre place d'individus au sein de la société, avec cet aspect quelquefois déresponsabilisant de la surcharge contemporaine, et le souvenir romantique, de plus en plus ténu, d'une vision du monde simplifiée où notre sentiment d'appartenance était déterminé par les limites de la vision et de la présence physique personnelles ; un souvenir désormais transformé en un réseau infini de connections et d'informations dont la plupart, même si elles sont omniprésentes et totalement accessibles, font de nous des spectateurs plutôt que des participants à ce monde plus vaste dont nous avons à présent connaissance.

Que notre société « occidentale » soit d'une certaine façon en déclin, que les pressions économiques - communément considérées comme allant de soi - soumettent nos vies à la récession tandis que les générations à venir seront confrontées aux conséquences de notre incapacité collective actuelle à agir de concert : ce n'est pas une nouveauté. Ce que j'espère trouver et offrir avec mon travail, c'est un cadre dans lequel nous pourrions nous défaire de l'emprise de ces barrières si spécifiques de la race, du genre et de la religion pour accomplir ce que les fondements de tous les rêves de progrès ont mis à notre portée sans pour autant nous apprendre à l'utiliser : en effet, la conjonction de l'histoire et de nos niveaux d'information actuels nous permet maintenant de voir au-delà des limites personnelles. Nous sommes désormais capables de transcender notre culture indigène et de parvenir collectivement à une vision partagée ; le consensus est plus proche que jamais, même si notre nature inhibée et la dépendance vis-à-vis de la technologie nous rendent impuissants. La tension actuelle surgit entre cette incapacité à changer notre mode de vie, notre complicité rongée tous les jours par la culpabilité, et l'horizon bien réel et proche sur lequel se dessine notre fin catastrophique. Collectivement, la race humaine est comme le lapin pris sous les phares d'un véhicule qui approche, la différence étant que, à l'inverse du lapin, nous sommes conscients du danger et avons appris à traverser une route ; notre difficulté essentielle devient plus évidente quand nous réalisons que NOUS avons nous-mêmes construit ce véhicule, que nous conduisons ce véhicule et que si nous l'arrêtons, il y aura une pagaille monstre - ce qui n'empêche que nous fonçons droit sur nous, alors même que nous sommes au volant du véhicule.

« The closest I ever came to you », c'est comme un parapluie qui vous guidera au travers de cette exposition. Il doit vous ouvrir la voie vers ces travaux disparates qui traitent de sujets se rapportant au doute, à la foi, à l'amour et à l'espoir ; à la fois ambigu et spécifique, « the closest I ever came to you » reflète une position éminemment personnelle, qui pourrait néanmoins concerner l'humanité toute entière. Un mégaphone plaqué or, un morceau de monument rouillé, une sculpture ethnique déversant ses entrailles, un char mû par une bicyclette d'enfant, autant d'objets qui reflètent nos rêves et nos utopies depuis leur conception jusqu'à leur mort.

Je me suis longtemps intéressé à ces états d'évolution relatifs, au fait que rien n'est en fin de compte parallèle ; il n'en reste pas moins surprenant que nos sociétés croient encore que nous devrions et pouvons tous être les mêmes. Ce sont cette ignorance et cette arrogance fermement ancrées par l'éducation qui ont marqué l'histoire humaine et engendré nos conflits, en façonnant nos idées préconçues de l'« autre », non seulement lors de la rencontre, mais aussi lorsque nous l'avons colonisé. Tout comme le colonisateur taxant l'autre d'exotique a imposé une vision, un mode de vie dominant à ces êtres plus fragiles et incapables de résister, ce modèle dénaturé se reproduit dans les mécanismes du commerce. La scandaleuse vérité, c'est que malgré tous les efforts du politiquement correct, nous sommes toujours incapables d'accepter que la différence est en fait la clé de la compréhension mutuelle ; nous pouvons tout embrasser sans jugement ni culpabilité, et aller de l'avant ensemble, en nous réjouissant et en appréciant nos ombres et formes qui bougent et dorment au même rythme, quelles que soient leurs croyances.

Ma troisième exposition en solo chez Aeroplastics est une question ouverte, pas un sermon. Les œuvres se présentent à vous comme des messagers honteux, tellement essoufflés par le long voyage dans le temps qu'il leur a fallu faire pour arriver devant votre porte qu'ils ont depuis longtemps oublié le « message » d'origine et comptent seulement sur votre hospitalité, votre intelligence et votre capacité de prendre le temps pour déchiffrer l'expression sur leurs visages.

John Isaacs

Novembre 2011

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