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FIAC - PARIS


Narcisso, Oscar Muñoz, Serie de 12 fotografías sobre papel, 70*50cm cada una

La "ville lumière", brillante de tout ses feux, accueillait la trente-et-unième édition d'une FIAC tout en symbolisme moderne et contemporain. Organisée dans le même espace que les salons de l'Automobile et du Livre, la Foire Internationale d'Art Contemporain était bien plus qu'un divertissement pour les yeux des amateurs d'art. C'était une excitante bouffée d'air frais et créatif.

Le rose-magenta du logo marié à des touches contrastantes de jaune et de blanc évoquait une version renouvelée, moderniste et contemporaine, dans tous les sens du terme. Ce fut un événement émouvant et nostalgique, reflétant la société française de notre époque tout en restant une foire de portée internationale.

Un total de 216 galeries invitées à participer, représentant plus de 30 pays, dont Cuba, la Colombie, la Corée et les Etats-Unis furent réunies. Selon les spécialistes, la FIAC 2004, fut un événement qui a offert vitalité et variété tout en attirant plus de collectionneurs que jamais auparavant.

Un projet digne de mention fut l'espace appelé Future Quake inspiré par les mots suivants de Breton: "toute œuvre est un futur renversement", une aire dédiée aux galeries internationales émergentes établies depuis moins de trois ans. Dans la halle du 'Café des Arts', conservateurs, artistes, critiques et amateurs d'art débattirent des questions liées au marché de l'art au cour d'une série de conférences et engagèrent une discussion autour de la création contemporaine. L'association des sociétés européennes émergentes, pionnière sur le plan des projets artistiques et culturels, proposa deux séries de conférences, Art Blub Cie et VIP, qui se concentraient sur des professionnels de l'art, hommes et femmes, européens.

Le visiteur était guidé à travers le labyrinthe de la foire par une carte dévoilant le prix des œuvres d'art s'étalant de 500 à plus de 10000 euros. Certains propriétaires de galeries, satisfaits de leurs ventes, pouvaient fièrement inscrire leurs pièces comme vendues, ainsi que le firent deux galeries parisiennes, Down Town et Kreo. D'autres galeries moins chanceuses furent forcées d'attendre les décisions de dernières minutes des collectionneurs indécis, qui ont, évidemment, toujours le dernier mot.

Amérique latine bien représentée



Aras de tierra (grupo), Juan Fernando Herrán
Edicíon de 5 Fotografía color
92*138cm - 2003

Des artistes colombiens et argentins se firent particulièrement remarquer dans les projets Future Quake et Perspectives. La production latino-américaine présenta des projets clairs et rafraîchissants dépeignant les affrontements sociaux et sentimentaux. Malgré une référence clair au contexte social national, les œuvres pouvaient résonner universellement via les codes de lecture artistiques mondiaux. La galerie Alcuadro présenta trois des artistes colombiens les plus représentatifs de notre époque: Juan Fernando Herrán, Óscar Muñoz et Miguel Ángel Rojas.

Les travaux les plus saillants de cette production:

NARCISO, Oscar Muñoz
Cette série de photographies est conçue suivant les lignes directrices d'un dessin en mouvement représentant un autoportrait à la poudre de charbon, flottant à la surface d'une étendue d'eau avant de disparaître dans un syphon. La réussite du travail dépend de la vitesse de la caméra, de sa capacité à figer l'instant fugitif durant lequel le dessin est encore intact, avant qu'il ne commence à se dissoudre et à se déformer: le fragment de temps précédant la destruction du dessin et sa disparition dans le tuyau d'écoulement.

SUBURBANO, Miguel Ángel Rojas
Ciudad Bolívar est un bidonville de la capitale colombienne dans lequel plus de deux millions de personnes vivent dans les conditions les plus misérables. Une visite dans le quartier inspira cette œuvre qui représente paradoxalement des champs labourés sans la moindre trace de vie à leur surface. L'image d'un face-à-face entre deux jaguars est symbole populaire colombien de force, qui montre ici l'image de deux frères combattant l'un contre l'autre. Le linoléum est un matériau souvent utilisé dans les transports publics des villes et les "peonias" sont des graines en provenance d'Amazonie que les indigènes emploient en guise de décoration.

A RÁS DE TIERRA, Juan Fernando Herrán
Ce travail, composé de six photographies grand format appartenant à la série TERRA INCOGNITA (2002), représente des paysages colombiens et les conditions de vie des habitants de ces régions. Les clichés montrent la désolation et la solitude d'une contrée dominée par le néant et le vide. D'une certaine façon, le déficit référentiel et le silence qui accompagne les images confrontent le spectateur à des réalités absentes, perdues dans le temps et l'espace, lorsque certitude et espoir ne semblent plus exister. Dans les paysages traditionnels, le regard du spectateur rencontre la silhouette des éléments qui animent la scène. L'emploi stratégique de plusieurs plans rend la représentation de l'espace plus aisément assimilable. Dans A RÁS DE TIERRA, le schéma symbolique de mise en scène d'un petit nombre d'éléments visuels est remis en question. Ici, l'environnement froid et austère se concentre sur le drame d'un peuple sans la moindre échappée métaphorique.

Texte: Ivana Cecilia Zambrana
Traduction: Sylvain Menétrey
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