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ANISH KAPOOR - My Red Homeland


Courtesy: CAC Málaga & Lisson Gallery

Le 26 juin dernier, j’interviewais Anish Kapoor (Bombay 1954) à Mágala, nous discutâmes, entre autres, de notre intérêt commun pour l’art contemporain dans les pays occidentaux. Avec une certaine ironie, il me dit que les artistes indiens deviendront toujours meilleurs “car ils se préoccupent moins du fait d’être Indiens, mais plus du fait d’être artistes”.

Le jour suivant eut lieu le vernissage au CAC de Málaga de l’exposition "My Red Homeland". Une installation monumentale pour sa petite taille, composée de 25 tonnes de vaseline rouge versés dans un immense contenaire circulaire, donne son nom à cette exposition et la préside. Comme s’il s’agissait d’une gourmette d’un gigantesque bracelet-montre, un bras métallique connecté à un moteur hydrolique tourne autour du centre. Il presse et triture ainsi la vaseline rouge dans un long, silencieux et interminable mouvement de création et de destruction. Une série de petites sculptures de différentes tailles, ainsi que quelques peintures jusqu’à présent inédites en Espagne, dominées aussi par la couleur rouge, complètent l’exposition, programmée jusqu’au 30 avril.


Courtesy: CAC Málaga & Lisson Gallery

Anish Kapoor

Bien que le titre de l’expostion “My Red Homeland” (ma rouge patrie) aurait pû faire penser à son Inde natale, il se réfère à un autre domaine : “ma patrie intérieure”, expliqua-t-il le jour du vernissage, “j’ai déjà pensé à la couleur rouge comme la couleur au centre des pensées, comme la route vers une exploration émotionnelle”. Rouge est la couleur du sang, de la passion et des émotions, rouge couleur de la chair, représentée ici via la terre et la vaseline – matériaux qui sont aussi organiques, mais impérissables. Pourtant, plus qu’un lien entre les différentes oeuvres de l’exposition, la couleur prend toute son ampleur dans les sculptures d’Anish Kapoor, importante protagoniste dans le milieu de l’art contemporain. Depuis ses premières sculptures, réalisées avec des pigments qui couvrent de simples formes géométriques et biologiques, jusqu’à ses travaux plus récents réalisés à base de métal, terre et vaseline – dans lesquels la monochromie inspire à une impression d’infini – et où se trouve la quête de l’immatériel et du spirituel, à travers l’utilisation de la couleur comme une constante dans ses oeuvres.

Le spectateur est invité à plonger dans l’infini des formes circulaires, dans les inquiétantes peintures rouges, ainsi que dans les silencieux et calmes mouvements continus de “My Red Homeland”, oeuvre dans laquelle l’objet élargit sa condition et son intérêt jusqu’à une interprétation puissante. “Je me suis toujours penchée vers l’immatériel, vers le non-objectif, vers l’inconnu. En tant qu’artiste, je n’ai vraiment rien à dire. Je ne veux pas pas divulguer un message – sinon je serais journaliste – mais juste inviter à la reflexion” déclara-t-elle lors de la conférence d’ouverture. Maintenant, un doute universel est soulevé, depuis que les mots ne peuvent plus aider, l’observateur peut, comme avec le feu, le ciel, la mer – les plus grandes oeuvres de l’art –indéfinemment se questionner en observant.

Je pense que c’est dans cette optique que l’émotion émerge de l’art, quand Anish Kapoor “se préoccupe plus du fait d’être artiste”.


Texte: Raúl Martínez Fernández
Traduction: Anne-Sophie Loks

www.cacmalaga.org

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