Language and login selector start
Language and login selector end

22ème édition de l’Art Amsterdam


Sculpture de graines de tournesol par Julia Schrader, devant des oeuvres de Svätopulk Mikyta, Walderdorff Galerie, Cologne

L’Art Amsterdam (anciennement kunstRAI) a lieu pendant un week-end ensoleillé qui est aussi prolongé par des jours congés : le jour de la Toussaint (4 mai) et le jour de libération (5 mai). L’ambiance publique est donc détendue, comme la foire : détendue, ouverte d’esprit et légère. Il n’y a que la mort soudaine de Karel Appel qui a jeté son ombre sur la foire, mais seulement partiellement parce qu’il s’agit ici d’une foire jeune. Une foire jeune à sa 22ème édition. Ces derniers jours, la nouvelle directrice Anneke Oele libérait la foire d’une image poussiéreuse. L’interview suivante avec celle-ci donnera peut-être une impression de la tendance actuelle au lecteur. Nous avons aussi demandé leur opinion aux galeries. Ces jours-ci, la plupart d’entre-elles espèrent le mauvais temps. Aux commentaires des galeries

Anneke Oele
Interview with Anneke Oele, Amsterdam RAI (KunstRAI/ArtAmsterdam)


AfN: Comment êtes-vous entrée en contact avec le monde de l’art ?

Mme Oele : Quand j’étais un enfant, mon père m’emmenait toujours aux musées. J’ai vu toutes les églises en France. J’ai commencé à collectionner quand j’avais 18 ans.

AfN: De l’art contemporain?

Mme Oele : De l’art contemporain. J’étais à Arnhem et j’y ai acheté une gravure de A HREF="/index.php/pageType/artistInfo/artist/24470">Klaas Gubbels. Aujourd’hui, il est un artiste hollandais très connu. Je ne sais pas dire pourquoi je l’ai fait. C’est étrange, je l’ai fait tout simplement. Je n’y ai pas réfléchi.

AfN: Il ne s’agissait pas de la possession? De l’avoir ?

Mme Oele : Chaque fois j’ai pensé : je veux l’avoir ! Il ne s’agissait donc que de la possession. Mais je ne sais pas vous dire pourquoi. Je l’aimais et je devais l’avoir. Puis, je suis allée à une enchère pour le Vietnam.

AfN: Le Vietnam ?

Mme Oele: Ça fait longtemps. Il y avait cette enchère en Hollande pour aider le Vietnam. Je voulais acheter quelque chose, mais je n’arrivais pas à le faire, parce qu’il y avait un distributeur. Il s’agissait de 100 guldens. Il recevait tout pour 105, parce que je n’avais aucun cent de plus. Tout à coup, cet artiste s’est adressé à moi : « venez dans mon atelier, on va trouver quelque chose pour vous ». C’était très gentil, un bon commencement. A l’époque, je trouvais ça normal. Mais quand j’ai eu une galerie, j’ai pensé que c’était vraiment un peu étrange.

AfN: Donc, vous avez eu une galerie ?

Mme Oele : Oui, j’étudiais l’histoire de l’art et, en 1983, je suis devenue curatrice au Gemeentemuseum à Arnhem. De 1983 à 1990, j’étais curatrice pour l’art contemporain à Arnhem. C’est à ce moment que la KunstRAI a commencé, en 1984 exactement. J’ai vu toutes les 22 éditions.

Art Amsterdam
Entrance with bikes

AfN: Oh, vous les avez toutes vues ?

Mme Oele : J’y allais comme acheteuse. Pour le musée. J’allais – bien sûr – à toutes les galeries. Et c’était tellement bien parce que les galeries les plus importantes comme Fons Welters et Paul Andriesse étaient toutes là. Encore comme débutants, comme très petites galeries. Fons avait une galerie à 15 x 15 m², à peu près. C’étaient de très très beaux commencements. En 1990, j’ai décidé de quitter le musée et d’ouvrir ma propre galerie.

AfN: Quel était le nom de la galerie?

Mme Oele : Les 3 premières années, j’étais avec une grande galerie. J’avais un deuxième espace. Et bon, c’était une assez vieille galerie, mais connue du nom d’« Espace ». Elle était presque la première galerie en Hollande. Ils ont commencé avec Karel Appel et Cobra, dans les années 50. Je les connaissais parce que je leur avais déjà acheté quelques pièces – pour le musée bien sûr. C’est une galerie avec un charme très personnel et un lien proche avec les artistes. J’aime cette façon de faire des affaires.

AfN: C’est une affaire très personnelle, de toute façon.

Mme Oele : Oui. Je travaillais avec eux et j’avais un plus jeune département. Après ces trois ans, j’ai pensé : Je devais le faire moi-même. Je pense que, si on aime quelque chose et on est bon en cette matière, on doit le faire. Vous le voyez ici, c’est très bien. Par exemple Juliètte Jongma : elle a commencé chez Diana Stigter. Et aujourd’hui, elle possède sa propre galerie. Il y a plusieurs exemples. Si on est un peu doué, on devrait ouvrir sa propre galerie.

AfN: C’est aussi bon pour le marché de l’art. L’entreprenariat en est une dimension importante.

Mme Oele : Oui, c’est vrai. En 1993, j’ai commencé à la Lijnbaansgracht comme « Gallery Oele » où se trouvent aujourd’hui Akinci et Lumen Travo. Pour sept années, j’étais une voisine de Lumen Travo.

Art Amsterdam
Opening ceremony with Anneke Oele

AfN: Et ensuite, vous avez décidé d’arrêter ?

Mme Oele : En 2000, j’ai commencé à travailler pour la KunstRAI. C’est une histoire assez étrange. J’ai commencé comme secrétaire pour gagner un deuxième salaire. J’avais une bonne galerie, mais c’était aussi beaucoup de travail et peu d’argent. Après six mois, j’étais l’assistante de la personne qui a organisé la foire avant moi. C’était un peu comme « si tu ne peux pas les battre, joins-toi à eux ». En effet, nous voulions tout changer.

AfN: C’est aussi le passé maintenant, c’est fini.

Mme Oele : Oui, je suis heureuse que ce soit fini.

AfN : Avançons maintenant à une autre question. Avez-vous une devise personnelle ou un slogan de vie ?

Mme Oele : Panta rei. C'est-à-dire tout coule ou tout ruisselle.

AfN: Il y a un peu de confusion quant au nom de la foire. Je me rappelle toujours KunstRAI. De quoi s’agit-il quand on parle de Nu Art ou de l’Art Amsterdam ?

Mme Oele : Nu Art est notre signe de campagne.

AfN: Il y aura un autre slogan l’année prochaine?

Mme Oele: Oui. Vous devez le prononcer comme “New Art”.

AfN: « Nu », c’est « new »?

Mme Oele: Mais c’est aussi « now ». Now Art. L’art maintenant. C’est notre campagne cette année.

AfN : KunstRAI était donc l’ancien nom. En ce moment, vous ne gardez le nom KunstRAI pour les gens comme moi qui se rappelle de ce nom. Mais à partir de l’année prochaine, la foire s’appellera simplement « Art Amsterdam ». C’est le nom futur de la foire. Si on parle de la KunstRAI, on parle de l’Art Amsterdam.

Art Amsterdam
Entry performance from the Tijdelijk Museum Amsterdam /(Con)temporary Museum Amsterdam with dancers (Roosmarijn Pallandt, Simon Rowe, Vincent Verburg


Mme Oele : Oui. Et je vais vous expliquer pourquoi nous avons fait ça. D’abord, on devient international, d’une certaine manière. Je vous expliquerai bientôt de quelle manière. La raison principale, c’est que nous commençons à organiser – via le musée contemporain Amsterdam dans la ville – une semaine de l’art à Amsterdam.

AfN: Comment s’appelle le musée ?

Mme Oele : C’est un concept, le musée contemporain Amsterdam.

AfN : Et comment est-ce lié à l’Art Amsterdam ?

Mme Oele : L’Art Amsterdam est l’entrée et le centre du musée.

AfN: Chaque année, l’Art Amsterdam sera aussi un musée conceptuel ?

Mme Oele : La ville, la ville est le musée conceptuel.

AfN: ... l’Art Amsterdam est le début d’un chemin…

Mme Oele : L’entrée d’un musée conceptuel. Cela transforme la ville, les institutions en un musée comme un tout. Les salles d’un musée. Le Stedelijk Museum est donc une salle. Le Fotografie Fotografie Museum Foam et Huis Marseille sont chacun une salle. Et la foire d’art est l’entrée dont on peut partir aux autres institutions. L’idée, c’est que ce sera donc plus attractif pour un collectionneur étranger de venir à Amsterdam cette semaine.

AfN: Oui, ce sera une question plus tard, quand on parlera de la ville et de la foire. Mais c’est maintenant la 22ème édition de l’Art Amsterdam. Est-ce la première année que vous l’organiser ?

Mme Oele : La 4ème année.

AfN: La 4ème année. C’est donc la 4ème foire que vous organisez. La KunstRAI, non, l’Art Amsterdam est une foire avec un vieux nom, et ce n’est pas une petite foire. Quels sont vos buts pour le développement de la location artistique d’Art Amsterdam ? Vous avez dit que c’était maintenant la 4ème foire. Quel chemin suivez-vous ? Où est-ce que cela nous mène ?

Mme Oele : Les trois premières années, je voulais organiser tout comme si c’étaient les premières années. Alors, je devais la faire plus petite. Je devais m’occuper de regagner chaque top-galerie, la crème de la crème des galeries hollandaises. On l’a réalisé la dernière année. La dernière année, tout le monde était convaincu que ça allait marcher.

Mary Younakof
Mary Younakof, foto-collages from Art Affairs Gallery, Amsterdam

AfN: Cela a donc pris trois ans pour convaincre les galeries?

Mme Oele : La première année, beaucoup de galeries sont revenues, mais certainement pas toutes les galeries et particulièrement pas les galeries internationales. C’était un peu plus difficile de les reconquérir. Mais elles sont maintenant de retour, et elles l’adorent. Elles l’adorent parce que chaque collectionneur l’adore. Tout le monde est heureux en Hollande. Je pense que nous sommes tous heureux de le faire, et ils sont contents que nous offrions une bonne exposition.

AfN: L’Art Amsterdam arrivera donc à tou réaliser ?

Mme Oele : Oui, oui tout ; les trois premières années, on est arrivé à réaliser tout ce qu’on voulait. Même plus que ce nous avions attendu pour les trois premières années. Et cette fois, nous avons mis bien sûr de nouveaux buts, parce que je pense qu’on ne devrait jamais arrêter à le faire. On visite ces foires d’art où il y a toujours la même chose, chaque année. Mais chaque année, on devrait changer et améliorer. Et nous pouvons encore améliorer.

AfN: Comme vous l’avez dit au début : Panta rei.

Mme Oele : Voilà. Exactement.

AfN: Parlons maintenant de la ville. Les foires d’art sont une partie importante pour le développement d’un monde de l’art qui s’oriente vers l’événement. Les foires d’art contribuent d’une manière vive à une orientation plus forte du monde de l’art vers l’événement. « L’entertainment », si vous voulez. Utiliserez-vous le charme phénoménal de la ville Amsterdam pour commercialiser l’Art Amsterdam comme événement international ? Hors de cette histoire de musée que vous avez prévue, que l’Art Amsterdam devienne une entrée virtuelle… y aura-t-il une union plus profonde avec le charme de la ville ?

Mme Oele : Mon premier but, c’est d’avoir une semaine, la foire et ensuite – vous l’appelez un événement, mais ce sera plutôt une semaine de l’art contemporain où toutes les institutions réfléchiront cette foire d’art… Nous parlons sans cesse avec les institutions et nous nous en occupons. La ville Amsterdam nous soutient le mieux possible. Le slogan de promotion d’Amsterdam, c’est : « Moi, Amsterdam »

AfN: Oui, j’aime bien ce slogan.

Mme Oele : … et vous voyez : ils sont très heureux avec mes initiatives et le maire d’Amsterdam l’a ouverte hier soir.

AfN : La ville et la foire…

Mme Oele : Nous vous aidons à commercialiser Amsterdam comme la ville culturelle qu’elle est.

AfN: Combien de galeries participent cette année ?

Mme Oele : 125.

AfN : Et l’année passée ?

Mme Oele : A peu près autant.

AfN: Et environ deux tiers des galeries participant à l’Art Amsterdam sont hollandaises ? Considérez-vous l’Art Amsterdam surtout comme foire nationale ?

Mme Oele : Jusqu’à maintenant, c’était plutôt une foire nationale. Mais ça changera. Cette année, ça change pour la première fois, parce que nous pouvions doubler le nombre des galeries internationales. Et je pense que la foire doit encore devenir plus internationale, parce que je veux que Paul Andriesse, Fons Welters, Annet Gelink et Diana Stigter se joignent à nous. C’est important pour ces galeries d’avoir un environnement international et de rencontrer des collectionneurs internationaux.

AfN: Et ils l’exigent?

Mme Oele : Non, ils n’exigent rien du tout.

AfN: C’est peut-être aussi intéressant de voir une foire nationale, de voir comment le marché hollandais fonctionne. C’est peut-être intéressant parce que tout le monde parle de l’internationalité – et l’internationalité est importante - mais si je veux, je peux aller à Basel où ils ont beaucoup d’internationalité.

Mme Oele : Nous ne voulons pas devenir Basel non plus. Non non, mais ce que nous prévoyons et ce qui est plus important pour la foire, c’est que nous ne voulons pas grandir. Nous voulons garder la même dimension, mais gagner en qualité.

AfN: Mmmhh.

Mme Oele: Et nous le faisons vraiment. Nous disons toujours que nous voulons être internationaux en ce sens que nous cherchons de jeunes galeries émergeantes et vives. C’est très positif pour les collectionneurs hollandais, parce qu’ils aiment bien regarder le jeune art. Collectionner du jeune art, c’est un phénomène typiquement hollandais. Les gens veulent chercher – via le galeriste – le nouvel art. Et ils font ce pas pour promouvoir le jeune art.

AfN: Ces jeunes galeries. J’ai parlé avec Kuttner and Siebert, une très petite galerie berlinoise. Et ils ont vraiment bien aimé la foire ; ils ont invité des collectionneurs, et les collectionneurs viennent et regardent les œuvres d’art.

Mme Oele : J’ai entendu la même chose de Röhr + Ripken. Ils trouvent que tout le monde est tellement agréable. Et ces collectionneurs hollandais, ils aiment les jeunes gens et le jeune art.

AfN: Ils se sentent bienvenus.

Art Amsterdam
Pre selection Art Amsterdam

Mme Oele : Je trouve ça merveilleux. Je veux qu’ils reviennent et fassent la connaissance du marché hollandais. Si une galerie montre la qualité qui nous plaît, nous l’inviterons.

AfN: Vous avez invité quelques galeries internationales de haut rang. Par exemple, il y a Paul Andriesse et Diana Stigter qui vont tous les deux à l’Armory. Ellen de Ellen de Bruijne Projects est à Basel et Basel Miami. Nous avons mentionné Fons Welters qui a commencé avec une petite galerie et qui est maintenant à l’Armory, à Basel, Miami, partout.

Mme Oele : Fons est peut-être notre galerie la plus importante.

AfN: Et vous? Voulez-vous encore surpasser tout cela ?

Mme Oele : Si j’organise une foire d’art en Hollande, et ils ne sont pas présents, je ne devrais pas le faire parce qu’ils sont les meilleurs, et nous devons les avoir.

AfN: Mais vous avez dit que vous n’étiez pas Art Basel. Vous ne devriez donc pas augmenter le nombre des noms ?

Mme Oele : Nous faisons une foire avec notre propre droit d’être. Pas comme une des autres foires, mais une Art Amsterdam typique où on peut rencontrer la crème de la crème des galeries hollandaises de l’art contemporain et les jeunes galeries émergeantes des pays qui nous entourent.

AfN: Ok… je comprends. « Moi », c’est simplement le programme. Ça ne vous intéresse pas ce qui est montré ailleurs ?

Mme Oele : Non.

AfN: Ok, le programme est valide, c’est bien.

Mme Oele: Et Christa Schübbe est ici, et elle n’est pas jeune.

AfN : Elle est merveilleuse, n’est-ce pas ? On la voit partout dans le monde !

Mme Oele : Incroyable.

AfN : Je ne sais pas comment elle le fait physiquement. Nous venons de la voir en Chine, ensuite à Miami. Elle était à New York.

Mme Oele: Je trouve ça fantastique ! Cette énergie !

AfN : Oui oui. C’est une femme très gentille. D’ailleurs, elle était une marginale. Je l’ai vue à Lisbonne où j’ai commencé à parler avec elle pour la première fois… et à Moscou, je l’ai vue aussi…

Mme Oele: C’est bien qu’elle a ce jeune programme et aussi un vieux programme.

AfN : Je lui ai dit qu’elle devait aller partout où elle était invitée, et elle devait savourer sa vie, et elle comprendrait. Comme vous l’avez dit : tout coule. Et c’est ce qu’elle fait, et elle est très contente. En Chine, je ne pouvais pas parler avec elle. Trop de gens. Et tout le monde disait qu’on ne pouvait vendre que de l’art chinois en Chine.

Mme Oele: Oui, ce n’est pas vrai.

AfN : Ce n’est pas vrai.

Mme Oele: Mais elle vend tout [rit]. Elle ressemble beaucoup à la propriétaire de la galerie où j’ai travaillé. Eva Bendien est comme elle, le même type de femme. Très bien. Et Michael Cosar est certainement très bon aussi.

AfN : Cosar, oui. Je lui ai demandé ce que je devais vous demander.

Mme Oele: [rit] Ok

AfN : Je vais vous le dire. C’est caché dans une question. Mais il est – bien sûr – très très bon, très pénétrant et très très heureux.

Mme Oele: Et Stella Lohaus bien sûr. Je suis très contente qu’elle soit ici. C’est bien.

AfN : Oui.

Mme Oele: C’est sa troisième année ici.

AfN : Parlons maintenant d’un autre sujet. Le « kunstkoop ». J’ai entendue que kunstkoop est une initiative nationale pour promouvoir le marché d’art contemporain aux Pays-Bas. Des collectionneurs hollandais peuvent – avec un crédit sans intérêt – acheter de l’art contemporain des galeries hollandaises qui étaient sélectionnées par le fonds Mondriaan. Pensez-vous que les collectionneurs hollandais achèteront plutôt chez les galeries hollandaises que chez les galeries étrangères invitées ?

Willem Hussem (1900 - 1974)
Willem Hussem (1900 - 1974), Compositie met roze en rood olie op doek, 125x200 cm,l.o. gemonogramm. en gedat. 1963. Paol & Co. Fine Art, Amsterdam

Mme Oele : J’espère que non. Et je ne pense pas que c’est la question au bout du compte. Vous savez, la plupart des collectionneurs profitent de l’offre pour acheter plus d’art, pas pour acheter, mais pour acheter plus. C’est un des bons côtés du travail dans une galerie : je sais que les collectionneurs font ça. Je connais tous ces collectionneurs de ma propre galerie. C’est à dire que je les connais très bien, et je ne pense pas qu’ils hésiteront s’ils veulent acheter quelque chose d’une galerie étrangère. Ce sera peut-être étrange, si Michael Cosar par exemple et une galerie d’Amsterdam présentent en même temps le même artiste à cette foire. Il serait donc possible d’acheter avec un crédit sans intérêt chez la galerie hollandaise. Quelquefois, si nécessaire, ils font leur solution eux-même.

AfN: En ce qui concerne une substitution possible, parce qu’ils aiment peut-être particulièrement cette une pièce que Cosar offre ; parce que celle-ci leur plaît extrêmement.

Mme Oele : Je sais ce que vous voulez dire.

AfN: Revenons à Michael Cosar. Il a dit qu’il serait content si cette initiative était aussi possible en Allemagne. L’Allemagne est un pays qui exporte beaucoup d’art, mais qui n’est pas du tout soutenu par le gouvernement en ce moment. Mais de toute façon, franchement, je ne crois pas que ça pourrait être un problème. C’est la première fois que j’en ai entendu parler. Et quelques galeries m’ont dit que les gens posaient des questions. Il y a peut-être une petite fraction de gens, mais ceux-ci ne dérangent pas la foire quant à cela, parce qu’ils vendent de toute façon.

Mme Oele : J’ai parlé avec le Mondriaan Stichting, et je leur ai demandé si nous pouvions le faire autrement pendant cette semaine de la foire ; si nous pouvions le faire pour les galeries étrangères pendant une semaine. Je le discute déjà avec eux, et je suis encore en train de l’essayer, mais c’est difficile. Si c’était possible, ils le feraient. J’en suis certaine.

AfN: Question suivante : Networking est une partie vive de l’affaire d’art. Presque toutes les foires ont un programme pour les collectionneurs. L’Art Amsterdam aussi. Pourriez-vous nous dire quelque chose sur votre programme ? Votre programme pour les collectionneurs, si vous en avez un?

Mme Oele : Oui, nous en avons un. Nous avons un programme très spécial. Nous avons une journée. Demain, c’est le jour pour les collectionneurs débutants. On l’appelle « le jour pour les collectionneurs débutants ». On demande aux jeunes galeries de mentionner leurs jeunes collectionneurs ; nous les inviteront à la foire, et nous les entretenons pour toute une journée. J’ai invité quatre collectionneurs expérimentés. Le matin, nous aurons une heure où ces collectionneurs leur raconteront comment ils ont commencé à collectionner, les avantages, les désavantages… Ce sera une heure très sympathique parce qu’ils diront tous : Ne commencez pas, parce que vous développerez une manie. Il y aura aussi un collectionneur d’entreprise, et demain viendra un artiste qui collectionne aussi. Cette sorte des aspects divers. Et cent personnes seront là, 80 à 100 – et ils recevront un déjeuner, et ils participeront à une discussion sur l’activité de collectionner en toutes ses formes. On organisera un guidage en quatre groupes pour eux. Et ensuite on prendra un verre ensemble. Ces jeunes collectionneurs demandent toujours : Avez-vous acheté cette œuvre-ci ou celle-là et pourquoi ? C’est aussi très bien. Et de plus, nous avons un sponsor, et demain, on offra une œuvre d’art à un de ces sponsors. Ce n’est pas trop organisé. En outre, nous invitons des collectionneurs étrangers à un deux-jours-séjour dans un hôtel à Amsterdam. Nous l’avons fait cette année, et nous le ferons d’une dimension plus grande l’année prochaine. Hier, ces collectionneurs ont fait un tour en bâteau à travers les canaux d’Amsterdam et ils sont arrivés à l’Art Amsterdam en bâteau.

AfN: Mais la langue parlée est...

Mme Oele : Oui, le néerlandais, c’est encore le néerlandais. On le changera peut-être les années prochaines. Oui, pourquoi pas. [rit] Eh bien, panta rei.

AfN : Panta rei. Et le cercle se ferme ici…

Mme Oele : Oui, j’attends et observe ce qui se passe, et puis, on peut commencer à changer les choses ; ou pas.

AfN : Merci beaucoup, Mme Oele.



Niklas von Bartha, Gallery N. von Bartha, London


AfN: Mme von Bartha, pourriez-vous nous dire pourquoi vous avez choisi l’Art Amsterdam comme foire pour votre galerie?

M. von Bartha : A cause des contacts déjà existants avec des collectionneurs hollandais. Même ceux parmi eux, qui habitent à l’étranger, viennent à Amsterdam. Je pense que les gens ici en Hollande sont beaucoup mieux informés que par exemple les gens au Royaume-Uni. Cette foire est une plateforme merveilleuse pour les plus jeunes galeries. La résonance de l’organisation de la foire est ici vraiment meilleure qu’ailleurs.


Baudi Eskens, Galerie Onrust

AfN: Mme Esken, que pensez-vous de la foire?

Mme Esken : L’ambiance à la réception inaugurale était très bonne. En ce moment, il y a hélas peu de visiteurs, à cause du beau temps. C’est très bien de voir plus de galeries internationales (ou de galeries étrangères) qui participent à la foire. Nous attendons maintenant les collectionneurs internationaux.

Cokkie Snoei, Galerie Cokkie Snoei
Cokkie Snoei, Galerie Cokkie Snoei


AfN: Mme Snoei, que pensez-vous de la foire?

Mme Snoei : Les foires d’art sont importantes, mais il doit faire mauvais temps pour ça.

Jan Hein Sassen, ex Stedelijk Museum, curator
Jan Hein Sassen, ex Stedelijk Museum, curator



AfN: M. Sassen, que pensez-vous de la foire?

M. Sassen : C’est une foire très agréable. Je vois beaucoup et il y a des œuvres surprenantes des artistes déjà connus.

AfN: Mme de Brujine, que pensez-vous de la foire?

Mme de Brujine : La première allée de l’Art Amsterdam est très vive. Des propriétaires des galeries fêtent en bonne compagnie et espèrent qu’il fera mauvais temps bientôt.

Nico Delaive, Gallery Delaive
Nico Delaive, Gallery Delaive

AfN: M. Delaive, le marché, réagira-t-il après la mort soudaine de Karel Appel ?

M. Delaive : Tous les droits à l’archive de Karel Appel se trouvent dans les mains d’une fondation. Les œuvres d’art sont disponibles pour des expos partout dans le monde. La dernière année, les prix ont sauté de 40%. Je pense que rien d’imprévu ne va se passer. Je ne sais pas ce que les autres veulent voir. Après la mort de Sam Francis, sa famille a édité 5000 œuvres à la fois ce qui a mené à une chute des prix. Appel a gardé tout lui-même et il a seulement vendu de manière sporadique. En Italie, il a pris des objets de la décharge. Il en a créé des sculptures et les a ensuite coulées en bronze. En 1948, il faisait beaucoup de sculptures d’ordure. Le musée communal de Den Haag possède beaucoup de ces sculptures. Appel avait un studio à Amsterdam. Quand il déménageait, il a jeté quelques unes de ses sculptures de gypse dans le canal, parce que personne ne voulait les avoir à 1500 guldens.

www.kunstrai.nl

  • ArtFacts.Net - votre fournisseur d'expérience au service de l'art

    Depuis sa création en 2001, ArtFacts.Net™ a mis au point une base de données grâce à sa collaboration avec des galeries, des musées, des foires d'art et des associations nationales et internationales de vendeurs d'art